Texte de Bertrand de Lagarde (Ifremer 1983-2003)
C’est avec tristesse que je viens d’apprendre le décès de Jean-François Couchouron, en lisant la lettre de l’ARIB. J’ai connu Jean-François à mon arrivée à l’Ifremer en 1983 et Je ne suis pas le mieux placé pour rappeler la personne qu’il était, mais j’ai cependant envie de témoigner de quelques traits de son caractère que j’avais particulièrement appréciés. D’abord au niveau professionnel : une grande rigueur qui lui a valu de prendre la responsabilité des moyens d’essais de l’Ifremer dont on connait l’importance. Ensuite sur le plan relationnel : discret, ne se mettant pas en avant, toujours à l’écoute, positif. Et puis, alors que nous étions tous les deux à la retraite, j’ai eu l’occasion de le rencontrer à Guisseny et de voir ce que lui et son épouse faisaient pour la conservation du patrimoine avec passion et détermination. Mais le plus bizarre dans notre relation, ce qui nous rapprochait invisiblement, c’était …… l’aéronautique. Jean-François avait eu une première expérience professionnelle dans ce milieu et il aimait à nous raconter, à Jean-Pierre De Loof et à moi-même qui étions ingénieurs en aéronautique, les travaux qu’il avait effectués sur un train d’atterrissage (celui du Concorde si je me souviens bien). Jean-Pierre De Loof et moi avions construit en amateur un planeur avec lequel nous allions voler dans les alpes chaque année. Un jour, Jean-Pierre, ayant sans doute un peu trop sollicité le planeur dans de fortes turbulences, a entendu un craquement épouvantable et est revenu à l’aérodrome prêt à sauter en parachute au cas où. Nous avons alors détecté une fissure dans l’âme du longeron d’une aile. Jean-Pierre avait-il dépassé les limites de vol du planeur ? En en parlant à Jean-François, il nous propose de revoir nos calculs de résistance du longeron car cela l’amusait de reprendre des calculs de résistance des matériaux. Eh bien … il y avait trouvé effectivement une erreur de calcul, petite mais qui aurait pu nous coûter cher ! C’est une anecdote, mais cela raconte aussi la vie d’une personne que j’ai aimé avoir rencontrée.
Voir l’article ARIB sur la disparition de Jean-françois Couchouron